Préparez-vous à survivre une nouvelle fois à la fin du monde ! Après les cataclysmes annoncés de l'an 1000 et de l'an 2000, voici que des Cassandre nous promettent un nouveau cap à franchir : le 21 décembre 2012. S'appuyant sur la fin du calendrier maya, des auteurs, réalisateurs et une myriade de sites Internet prédisent la disparition de l'humanité au moment du solstice d'hiver de 2012 à la suite d'une succession de catastrophes naturelles. Hollywood s'est même emparé du sujet et nous propose, en ce mois de novembre, de trembler à la sortie mondiale de 2012, un film catastrophe à gros budget réalisé par Roland Emmerich (réalisateur du Jour d'après et d'Independence Day).
Selon les théoriciens de la fin du monde, la date du solstice d'hiver de 2012 coïncide avec une configuration astronomique particulière. La machinerie céleste "s'alignerait", annonçant le chaos. Cet alignement critique est appelé "galactique" car il prend en compte l'axe de rotation de la Terre et la position du plan de la Galaxie vue depuis le système solaire. Ce scénario a été popularisé en 2002 par John Major Jenkins, un écrivain américain passionné par les Mayas, dans son livre Galactic Alignment (non traduit). Il s'inspire d'une réalité astronomique complexe, qui mérite explication : la Terre orbite autour du Soleil dans un plan dit de l'écliptique. Ce dernier coupe le plan moyen de la Galaxie selon une droite (schéma ->). Mais la Terre possède une autre propriété : son axe de rotation sur elle-même pointe dans une direction variable, à la manière d'une toupie.
Dans la nuit du 5 au 6 juin 2012, entre 0 h 03 et 6 h 56 (heure française), la planète Vénus passera devant le Soleil. Les Terriens verront alors une minuscule tache noire (l'ombre de Vénus) se déplacer sur le disque solaire. Un phénomène rare, car vu depuis la Terre, Vénus passe le plus souvent au-dessous ou au-dessus du disque solaire, le plan de son orbite étant incliné de 3° par rapport à celui de notre globe.
Un astéroïde va-t-il, en 2012, entrer en collision avec la Terre et anéantir l'humanité ? Après tout, un tel scénario s'est déjà produit il y a 65 millions d'années, lorsqu'un corps gros comme l'Everest tomba sur la presqu'île du Yucatan, au Mexique, signant l'arrêt de mort de tous les dinosaures et provoquant la disparition de 47 % des espèces marines et 18 % des vertébrés terrestres. Rassurons-nous, "aucun objet de un à dix kilomètres ne croisera la Terre ni en 2012 ni même au cours des cent prochaines années", explique Patrick Michel, astronome à l'observatoire de la Côte d'Azur. Comment peut-il en être si sûr ? Parce que la plupart des astéroïdes croisant régulièrement l'orbite terrestre (les "géocroiseurs") sont maintenant recensés grâce aux programmes de recherche systématique mis en place dans les années 1990 (Spaceguard, Spacewatch, etc.).
Vue d'artiste d'une collision entre Vénus et la Terre. La Terre peut-elle sortir de son orbite et devenir pour l'humanité un vaisseau errant dans le désert de la Galaxie ? Ce scénario dantesque est régulièrement évoqué par les amateurs d'apocalypse. La question vaut d'ailleurs d'être posée, puisque les astronomes eux-mêmes pensent qu'il existe dans le ciel des planètes orphelines, éjectées violemment de leur système. Et puis l'on sait depuis peu que les planètes se déplacent au cours de leur existence. L'étude des exoplanètes a permis en effet de comprendre le phénomène de migration planétaire. Peu après leur formation, les planètes glissent sur d'autres orbites, en échangeant de l'énergie avec les gaz et les poussières qui encombrent les systèmes nouveau-nés. Mais rassuronsnous ! Dans un système comme le nôtre, vieux de 5 milliards d'années, cela fait bien longtemps que le ménage a été fait par les vents solaires et qu'il ne reste plus ni gaz ni poussières ! Aujourd'hui, il n'est donc pas si facile de "désorbiter" notre planète. L'orbite d'une planète correspond à un état d'énergie dans lequel se conjuguent les masses du Soleil et de la planète, ainsi que la distance qui les sépare. Plus vous êtes proche du Soleil, plus vous êtes fortement lié à lui. Dans le cas de la Terre, très proche du Soleil, il faudrait déployer une énergie phénoménale pour atteindre la vitesse de libération. "Même l'astéroide qui a tué les dinosaures n'a pas fait sortir la planète de l'orbite, souligne Marc Sauvage. Si toutes les bombes atomiques existantes explosaient en même temps, nous serions tous morts, mais la Terre resterait campée dans son orbite". Pour nous désorbiter, il faudrait qu'un corps de masse terrestre nous frôle de près. Ce faisant, il échangerait de l'énergie avec notre planète, prendrait sa place et nous éjecterait dans l'espace. Mais un tel objet baladeur, sans lien gravitationnel avec le Soleil, n'existe tout simplement pas dans le système solaire. (S.R.) Allons nous connaître en 2012 un pic d'activité solaire exceptionnel ? Une des manifestations de l'activité de notre étoile est le fameux cycle de onze ans, au cours duquel des taches sombres apparaissent à sa surface. Leur nombre peut atteindre 250 lors du maximum d'un cycle de forte activité mais chaque cycle est particulier : dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, pendant plusieurs cycles très calmes, les taches ont quasi disparu. Cette période a coïncidé avec l'apogée du "petit âge glaciaire", décennies de grand froid, suggérant un lien entre l'activité solaire et le climat. Seule certitude : les taches éjectent des flots de particules chargées du vent solaire qui perturbent la magnétosphère de la Terre, grillant parfois des composants électroniques de satellites ou parasitant les communications radio. De tels épisodes ont eu lieu dans le passé sans provoquer de catastrophes. Les derniers cycles solaires ont été très intenses et le prochain pic d'activité est attendu pour 2012-2013. Son intensité reste sujette à débat Selon Thierry Dudok de Wit, du LPC2E (Laboratoire de physique et de chimie de l'environnement et de l'espace) à Orléans : "Dans les prochaines décennies, l'activité solaire va probablement se ralentir". (A.Kh.) La Terre pourrait-elle perdre le nord et entraîner ainsi la disparition de l'humanité ? Précisons d'abord que par "nord", on entend le pôle magnétique et non géographique, c'est-à-dire la direction pointée par une boussole. Eh bien oui, l'aiguille de la boussole pourrait soudainement se mettre à indiquer le sud ! Pourtant, pas de quoi paniquer... Cette inversion s'est souvent produite par le passé. La dernière remonte à il y a environ 800.000 ans. Et pendant les 4 à 5 derniers millions d'années, il y a eu une poignées d'autres. Le phénomène n'est pas périodique. Ces irrégularités proviennent de la source même du champ magnétique terrestre. Au cour de la terre, le fer fondu conducteur électrique et magnétique, est agité de mouvements de convection turbulents. Cette sorte de dynamo complètement fondue et instable crée un champ magnétique aussi imprévisible que la météo. Rien ne permet de dire que la décroissance du champ magnétique observée depuis 3000 ans se finira par une inversion dans 1000 à 2000 ans (donc bien après 2012). Par le passé, notre champ magnétique à connu bien des rebonds qui ont évité l'inversion. De toute façon, les géologues n'ont jamais observés de corrélation entre une inversion de champ et une extinction d'espèces. Seule conséquence possible : l'affaiblissement de la protection naturelle contre les particules solaires qu'offre ce champ, sans que cela cause de dégâts importants. Sauf peut-être sur les systèmes de communications des satellites. (D.L.)
Elle s'appelle Nibiru, la 12ème planète, Hercolubus, Planète rouge, etc., et elle nous promet les pires fléaux pour 2012. Selon une poignée d'auteurs, il s'agirait d'une planète géante, dont l'orbite excentrique s'étire de l'intérieur du système solaire jusqu'aux confins de la ceinture de Kuiper. Tous les 3600 ans, Nibiru croiserait l'orbite terrestre, frôlant notre planète et y provoquant tsunamis, séismes, éruptions volcaniques, basculement de l'axe des pôles et, potentiellement extinctions massives d'espèces. Actuellement, cette planète se trouverait derrière Pluton, et son influence se ferait sentir sur les planètes extérieures. L'ennui, c'est qu'aucun observatoire, terrestre ou spatial, n'a jamais vu trace de cette géante de laves. Il existe peut-être une planète au fin fond du système solaire, comme l'ont montré, en 2008, des travaux théoriques menés par Patryck Lykawka et Tadashi Mukai, de l'université japonaise de Kobe. Selon les simulations numériques, la présence d'un corps de 30 à 70 % de la masse de la Terre expliquerait la structure de la ceinture de Kuiper et certaines de ses déformations. Mais les simulations faisaient tourner cette planète X selon une orbite bien sage, très loin de nous... (S.R.)
Y a-t-il, dans le système solaire, des indices annonciateurs d'un bouleversement cosmique ? Oui, affirment les partisans de la thèse d'une fin du monde en 2012. Et de citer, "sources Nasa" à l'appui, la diminution du jet-stream de Saturne depuis trente ans, l'augmentation de 2500 % de la luminosité aurorale de Vénus depuis trente ans, la disparition des calottes de Mars, la formation de zone brillante sur Uranus, une curieuse tache sur Neptune, un accroissement de la pression atmosphérique sur Pluton... tous attribués à un supposé emballement de l'activité solaire qui est loin d'être démontré. Ces faits ont parfois un fondement scientifique, mais ont été expliqués indépendamment de l'activité solaire. C'est le cas de Neptune. La grande tache sombre de son hémisphère sud, repérée en 1989 par la sonde Voyager, avait disparu en 1994 lorsque Hubble observa la planète, tandis qu'une autre tache sombre apparaissait l'année suivante au nord. Ces turbulences atmosphériques naturelles sont le fait de la chaleur interne de la planète, qui crée des différences de température entre les basses couches et le sommet des nuages. C'est aussi le cas des nuages lumineux géants apparus sur Uranus au cours des vingt dernières années. Ces transformations sont attribuées à la position de la planète sur son orbite lors de l'équinoxe de printemps, survenu fin 2007.
Le calendrier de cette civilisation mentionnerait une fin de cycle autour du 21 décembre 2012. Un algorithme farfelu confirme et le Web s'emballe. Reconstitution d'une fresque maya provenant du site de Bonampak (Mexique ->). Pourquoi une fin du monde précisément en 2012 ? Si l'on en croit les ouvrages, sites internet, documentaires, etc. qui traitent du sujet, cette date aurait été fixée par le calendrier maya. Sauf que cette civilisation n'a rien prophétisé pour le 21 décembre 2012. La date butoir sort en fait d'une pure convention utilisée pour décompter le temps qui passe. Il se trouve que dans ce calendrier amérindien (dit long), cette date s'écrit en chiffres ronds : 13.0.0.0.0.
Saviez-vous que la fin du monde est prévue pour le 21 décembre 2012 ? Ceux qui croyaient que notre civilisation allait s'éteindre avec le passage à l'an 2000 ne se seraient finalement pas trompés de beaucoup. Ils avaient juste regardé dans le mauvais calendrier. En effet, pour prévoir la fin des temps, mieux vaut s'en remettre à des spécialistes : les Mayas. Cette civilisation précolombienne, qui régna sur l'Amérique centrale jusqu'à l'arrivée des Espagnols au XVIe siècle, était férue de chiffres. Une passion qui s'exprimait dans l'élaboration de leur calendrier. D'ailleurs, les Mayas n'en avaient pas un seul, mais trois. Manque de chance : ils s'achèvent tous le 21 décembre 2012... en emportant notre monde avec eux. Ou, du moins, c'est ce que croit une poignée d'amateurs de prophéties à qui l'on doit une véritable déferlante sur le Web. Le nombre de sites consacrés à 2012 et à la fin du monde annoncée atteint plusieurs centaines. La fin du monde a aussi son film, réalisé par Roland Emmerich, auteur de Godzilla et d' Independence Day. Un maestro de la destruction planétaire façon Hollywood. La superproduction 2012, qui sort en France en novembre, se sert des rumeurs sur l'Apocalypse pour sa promo. Sa mystérieuse bande-annonce propose aux curieux de saisir "2012" sur Google pour en savoir plus... Qu'est-ce qui nous menace au juste ? Certains gourous du dimanche avancent qu'un alignement exceptionnel de planètes provoquerait une inversion des pôles de la Terre. Avec, à la clé, une série de catastrophes. Le monde serait alors englouti sous un manteau de lave ou un puissant lit de glace. Peu probable, disent les scientifiques. Des astronomes font notamment remarquer que cet alignement de planètes prétendument tragique se produit en réalité chaque année. Sans jamais déchaîner les forces de la nature. D'autres allumés profitent de l'approche de la date funeste pour ressortir la vieille théorie fantaisiste de la planète X, aussi appelée Nibiru. Selon plusieurs théories new age, cette dixième planète, inconnue des astronomes, sera la cause de divers désordres climatiques lors de son prochain passage dans notre Système solaire, événement prévu pour 2012 !
Pour la vie de tous les jours, les Mayas utilisaient deux calendriers, l'un sacré et l'autre civil. Le premier, comprenant 260 jours, reposait sur des considérations astronomiques. Le second, de 365 jours, était fondé sur les saisons et plus adapté aux tâches agricoles. Mathématiquement, les deux calendriers coïncidaient tous les cinquante-deux ans. Lors de ces épisodes, les Mayas priaient les dieux de leur accorder un nouveau cycle. Mais ils avaient aussi besoin de s'inscrire dans une histoire plus longue. Pour cela, ils avaient recours à un troisième calendrier, plus complexe. Selon les historiens, il a débuté le 13 août de l'an 3114 avant Jésus-Christ. Or, quand le cycle de 1.872.000 jours de ce calendrier sera terminé, tout recommencera. Ce qui arrivera évidemment le 21 décembre 2012. L'Apocalypse, c'est toujours pour demain Les prophéties annonçant la fin du monde ont émaillé l'histoire de l'humanité... sans jamais se réaliser. L'an 1000 fit trembler les chrétiens, comme l'an 2000 et son bogue qui n'a jamais eu lieu. Plusieurs sectes millénaristes ont annoncé l'Apocalypse biblique tout au long des années 1980-1990 sans qu'Armageddon (lieu symbolique du combat final entre le bien et le mal) apparaisse. 1999 fut un grand cru : certains kabbalistes avaient averti qu'une boule de feu devait détruire la Terre, tandis qu'une interprétation de Nostradamus concluait à sa pulvérisation par des météorites. Le couturier Paco Rabanne prévoyait que la chute de la station spatiale Mir causerait d'irrémédiables dégâts sur la planète... On attend toujours.
Il a ainsi réussi à affiner d'une trentaine d'années ces datations, ce qui a permis de mieux les caler. De quoi pouvoir relier les données climatiques aux faits marquants de l'histoire maya, de mieux comprendne son déclin.
|
Copyright © 2004 - C.S.M. |